Bienvenue sur le site de Christophe Loustau - le Richard Morris Hunt Fellowship 2006.

"Un jour viendra sans doute où les gares des chemins de fer compteront parmi les édifices les plus importants, où l’architecture sera appelée à déployer toutes ses ressources, où leur construction devra être monumentale. Ces gares pourront être alors mises sur la même ligne que les vastes et splendides monuments consacrés aux bains publics romains." César Daly

 
   

Le Richard Morris Hunt Fellowship est un programme d’échange sponsorisé par deux fondations américaines, la French Heritage Society et l’American Architectural Foundation. Il offre la possibilité à un architecte spécialisé dans la restauration des monuments anciens, alternativement français ou anglais, de partir étudier outre-atlantique pendant six mois sur un sujet particulier. Cette incroyable opportunité permet de découvrir les différentes approches de préservation des monuments historiques et les méthodes de conservation et de restauration de l’autre pays. De juillet à décembre 2006, j’ai pu partir aux Etats-Unis avec pour thème les gares le long de la première ligne ferroviaire transcontinentale entre New York et San Francisco. De cette aventure ferroviaire, la gare reste le symbole de la puissance et de l’importance du chemin de fer dans la société américaine. Ces portes d’entrée dans la ville ont su au fur et à mesure des années évoluées avec la société américaine des mégastructures des grandes villes aux simples dépôts des villes de l'Ouest. Des liens très forts, encore visible aujourd'hui, existent avec les gares du vieux continent. Comment se sont-ils tissés ? Quelles ont été les grandes étapes ? Quelles ont été les influences ?

Aux Etats-Unis, dès les années 1830 et pendant les deux premières décennies, le réseau ferroviaire des passagers et des marchandises s’est développé sur la côte Est avant de démarrer sur la côte Ouest dans les années 1850. Le 10 mai 1869, la première ligne transcontinentale était achevée à Promontory Summit, Utah par les compagnies de l’Union Pacific et de la Central Pacific lors de la Golden Spike Ceremony. Le réseau ferroviaire américain allait alors se développer à grand pas jusque dans les années 1950 avant de progressivement péricliter. Emblème architectural de cette aventure ferroviaire dès le départ , la gare est devenue pour les différentes compagnies ferroviaires un élément de représentation en recherchant les prouesses techniques ou en utilisant des styles architecturaux de leur temps. Mon parcours s’est focalisé sur la première ligne ferroviaire transcontinentale en reprenant en partie l’itinéraire suivi en 1878 par un convoi unique, le Jarret & Palmer Special, qui a traversé en moins de 84 heures le pays de New York à San Francisco en transperçant les villes de Philadelphia, Pittsburgh, Chicago, Omaha, Cheyenne et Sacramento. Aujourd’hui, ce voyage d’étude fait un état des lieux informel sur les différentes gares et complexes ferroviaires que j’ai découvert le long de la première ligne ferroviaire transcontinentale. En parallèle, ce voyage a été l’occasion de rencontrer tous les acteurs de la préservation lors d’entretien, de visites ou tout simplement de discussions. C'est le véritable atout de cet échange : l’incroyable opportunité de rencontrer l’ensemble des acteurs de la préservation : les institutions, les associations et les professionnels. Ces entrevues ont toujours été des instants privilégiés avec les personnes en relation directe avec le patrimoine qu’il s’agisse d’un haut responsable d’une organisation ou d’un architecte qui a restauré un édifice. Qu'est-il devenu de ces gares d'hier ? Quel est leur présent ? Qui sont les acteurs de ces préservations ? ou à l'opposé de ces destructions ? Quels sont les savoir-faire passés et actuels ?

Aujourd’hui, le patrimoine ferroviaire américain est riche de dizaines de milliers de bâtiments allant des gares les plus emblématiques, comme la gare de Grand Central Terminal à New York, aux plus anodins dépôts en bois conservés dans les états de l’Ouest. Ce voyage d’étude m’a permis ainsi de connaître l’histoire de la préservation historique au travers de ses événements majeurs. Grâce aux gares, il m’a été donné d’appréhender le patrimoine américain au travers de ses pratiques de conservation et de restauration des monuments historiques et selon les grandes approches du patrimoine de la plus respectueuse, la préservation, à la plus interventionniste, la reconversion en passant par la plus délicate, la conservation sans oublier la restitution et la plus radicale la destruction souvent précédée d’une période d’abandon. Quelles sont les institutions américaines ? Quel est le système de protection ? Existe-t-il une différence de conception dans l'approches du patrimoine ?